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Le Caveau

Il est ouvert en hiver le Mercredi après midi de 14 heures à 17 heures et le Samedi matin de 10 heures à 12 heures. ou bien sur rendez-vous.

En été du 1er Juillet au 15 Octobre de 10 heures à 20 heures tous les jours.

Vin et féminité, un mariage harmonieux

Il y a peu de temps encore, le monde viticole était réservé aux hommes. Doucement il s'ouvre à la gente féminine, et l'on rencontre de plus en plus souvent des viticultrices, des œnologues, des commerciales … Portrait croisés de Françoise, Magali et Florence, à l'occasion d'une rencontre à "Terroirs & Cépages", la vitrine promotionnelle des vins régionnaux.

Quand une ex-pharmacienne, une licenciée de Lettres et une ancienne de la grande distribution se rencontrent, le vin est au cœur de leurs centres d'intérêt. Leurs histoires se croisent et leurs passions se rejoignent.

Trois parcours différents se dévoilent mais témoignent d'une même ardeur et de sincérité.

La quarantaine passée, une situation bien assise, Françoise Bousquet décide un jour, de donner un coup de pied dans sa vie professionnelle confortable, devenue monotone. De pharmacienne par raison, elle va devenir vigneronne par atavisme. "Un rêve de gosse", dit-elle. Toute petite mon père n'amenait dans les vignes". De la coupe au tracteur, en passant par la vinification, elle a connu toutes les étapes.

Soutenue dans son projet, que certains ont qualifié de fou, par son mari et sa famille, elle acquiert le domaine "Pain de Sucre" dans le Biterrois. Ne comptant ni les heures ni l'énergie, la famille va retaper petit à petit la propriété "bien fatiguée" : la maison, les caves de vinification et replanter. Entre-temps, Françoise passe le brevet professionnel, pour donner plus de sérieux à son engagement. Et apprend tout le reste sur le tas.

La première grande émotion sera la première vendange. "Une véritable épreuve lors de la mise en bouteille, suivie de l'attente d'une annèe pour la commercialisation". La viticultrice en herbe a depuis fait plusieurs vendanges, apportant de nouvelles améliorations, affirmant doucement son expérience.
"Maintenant je m'attaque à la commercialisation, un autre aspect du métier". Elle garde toujours un oeil sur la vinification mais reconnaît ne plus avoir le temps d'attacher les pieds.

Un nez plus sensible, plus délicat.

Aussi loin que remontent ses origines, Magali Rizk n'avait rien à voir avec l'univers de la vigne. Et c'est par hasard qu'elle l'a découvert, sur le chemin de ses études, qui l'ont condfuite aussi onopinément vers l'oenologie. Expérience de laboratoire, de grande distribution, puis caviste à Montpellier, "au moment où les vins du Languedoc prennent leur envol", elle est aujourd'hui responsable régionale d'un groupe oenologique, qui crée des événementiels.

"Le vin a l'avantage de combattre la timidité et de faciliter les rencontres". Magali a combattu sa timidité pour pouvoir s'imposer dans cet univers.

A la question souvent posée, existe-t-il des vins véritablement
féminins ? La réponse est claire : " Dans le langage du vin, il y a de nombreuses évocations liées à la féminité, par exemple aux fleurs, à la mode. Ce qui est certain, les femmes ont l'aptitude à parler du vin. Elles s'expriment mieux quand il s'agit d'arômes, peut-être ont-elles un nez plus sensible, plus délicat !"

Le vin, l'avenir de la Femme.

Troisième actrice du vin, la nouvelle directrice à qui l'on a confié les clés de la "belle maison" Terroirs & Cépages de Béziers Méditerranée Oenopole, Florence Barthès avance avec passion. Elle est tombée toute jeune au pied d'un cep, elle a grandi, tout comme son amour qu'elle porte à la vigne.

Par des chemins détournés, de la Fac de Lettres avec une spécialisation en histoire jusqu'au 3e cycle, l'envie de s'impliquer dans la filière ne l'a jamais quittée. Forte d'une solide expérience, Florence Barthès a vu ces dernières annèes, un certaine féminisation dans la profession. " Dans les salons à l'étranger, on voit de plus en plus de représentation féminine. Je suis convaincue que la femme a un avenir certain dans le vin". Dans le Bitterois, elles sont déjà 150 à s'être lancée dans la belle aventure.

Retour à la vigne réussi pour la pharmacienne.

Après 20 ans d'officine, deuxième saison de vendanges pour Françoise Bousquet.

Après avoir vécu ses premières vendanges dans des conditions climatiques quasi-idéales l'an dernier, à l'instar de toute la viticulture régionale, Françoise Bousquet, vigneronne au Domaine du Pain de Sucre à Capestang, connaît une deuxième récolte plus délicate.

« Au niveau sanitaire, ça va. Le problème cette année, c'est que tout mûrit en même temps. Il faut rentrer pratiquement tous les cépages au même moment. Ça suppose de faire vite. Et du coup pour vinifier j'utilise des cuves dont je pensais me servir pour le stockage. »

Mais ce ne sont pas ces préoccupations logistiques saisonnières qui vont déborder la viticultrice. Depuis un peu plus d'un an qu'elle a repris ce domaine, elle mène de front la remise en état des vignes, des bâtiments, l'aménagement d'un gîte, la vinification et le début de la commercialisation de ses vins...

Fille et petite-fille de vignerons, Françoise Bousquet était pharmacienne à Béziers depuis une vingtaine d'années.
« Et puis j'ai eu envie de renouer avec le milieu dans lequel j'ai grandi, et de produire mon propre vin, explique-t-elle. Depuis, je me régale : je suis dehors et je n'ai pas d'horaires. »

En ces temps difficiles pour la viticulture, elle a bien compris que le seul moyen de s'en sortir est de faire de la qualité. Aussi a t-elle engagé la procédure pour conclure un Contrat Territorial d'Exploitation (CTF) dans le cadre de celui d'Ensérune.

Il porte notamment sur la traçabilité. « Pendant l'année je note toutes les interventions à la vigne (taille, traitements ... ). Durant les vendanges, j'inscris ce que je mets dans chaque cuve, les degrés constatés chaque jour, les délestages, les remontages... Cela représente une certaine contrainte. Mais ça permet aussi de garder une trace de tout ce qu'on a fait d'une année sur l'autre »,
commente-t-elle.

Dès que possible, toutes ces informations, actuellement consignées dans des cahiers, seront rentrées sur ordinateur.
Actuellement les CTE sont bloqués mais, dans des déclarations récentes, Hervé Gaymard, le ministre de l'Agriculture, a annoncé que tous les CTE seraient honorés.

Pour Françoise Bousquet, c'est la possibilité d'avoir des aides, à condition de continuer à investir. « De toute façon, j'ai encore beaucoup de choses à faire à la vigne, à la cave. Je manque de matériel à tous les niveaux. Un CTE permet d'étaler ça sur cinq ans. Le problème c'est qu'il faut annoncer : "Telle année je vais acheter çà". Il faut tout prévoir. »

Ce qui est sûr c'est que la vigneronne sait ce qu'elle veut faire. Ainsi, dès cette année, elle a produit un rosé d'assemblage Cinsault-Carignan-Grenache plutôt original : « La tendance actuelle est au rosé de Syrah, assez charpenté. Moi, j'ai fait un rosé comme je les aime : un rosé d'été, facile à boire quand il fait chaud. »

Elle a été étonnée en bien par l'accueil réservé à ses premières cuvées, Vins de Pays d'Oc (son Merlot rouge a plus également). Et notre confrère "Terres de vins", lui a consacré un article enthousiaste dans son dernier numéro. Le reste de sa production 2001 a été vendu au négoce.

Autre atout de ce "jeune" domaine : son nom. Le Pain de Sucre, c'est original et insolite dans la région. Du coup, il retient plus facilement l'attention. Ce nom viendrait de la butte sur laquelle est construit le domaine.

Dans ses projets immédiats, Françoise Bousquet compte élargir sa gamme. Elle compte notamment mettre en bouteilles ses cuvées mises en, barriques après la vendange 2001. Cette année, elle va vendanger certaines de ses parcelles de Carignan à la main, de manière à pouvoir le vinifier en macération carbonique.
« Je vinifie chaque cépage séparément. Pour les assemblages on voit après avec l'œnologue et mon père qui m'aide bien depuis le début. »

Sur les 30 ha, dont elle dispose, 18 sont en,exploitation. « Je vais en replanter trois cet hiver en Cabernet-Sauvignon et Syrah» indique-t-elle. Ensuite viendront des cépages blancs.

Encouragée par ses premiers résultats, Françoise Bousquet ne veut pas se précipiter. « Depuis que je me suis lancée, j'ai eu plus de bonnes que de mauvaises surprises. Je trouve que le travail est récompensé. Maintenant il faut continuer. »

Midi Libre : 19 Septembre 2002



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